Mais pourquoi Hervé Morin est encore candidat ?

Hervé Morin est donc candidat à la présidentielle de 2012.

Seul candidat du « centre-droit » depuis que                J-L.Borloo a jeté l’éponge, l’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy tente sa chance.

Crédité d’1% dans les sondages, il ne semble pas effrayer la majorité ni motiver les députés Nouveau Centre.

Sans réseau d’élus ni parti de militants, l’aventure de Morin semble perdue d’avance.

Alors pourquoi maintient-il sa candidature ?

Trois raisons – qui n’ont pas grand chose à voir avec l’intérêt général – transparaissent.

D’abord, il y a l’envie. Chef d’un parti (même sans moyens), Morin trouve dans cette campagne le moyen d’être élevé au rang de star politique… une chance qui ne se représentera pas. Alors, pour quelques semaines de gloire…

Ensuite, il y a la peur du vide. Ne pas se présenter, c’est disparaître de la scène politique. Alors que candidat, il pourra toujours négocier ses presque 2% des voix contre un maroquin, un perchoir, ou une mission quelconque, bref un salaire avec chauffeur aux derniers de la princesse. Que croyez-vous, il faut bien vivre…

Enfin, il y a l’espoir secret. Celui de voir, par hasard, sa campagne réussir et son score grimper. Tout peut aller si vite… et à cet instant, on est bienheureux d’avoir tenté sa chance !

Ah, l’espoir…

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L’Allemagne, comme la Grèce, a maquillé ses comptes !

Selon un article du Monde (lire), l’ensemble des grands argentiers européens (ministres, banquiers, institutionnels) affirment que l’Allemagne a truqué son déficit. 

En son temps, la Grèce, sur les conseils des experts du Goldman-Sachs, a maquillé son déficit pour le « cacher sous le tapis » (voir).

C’est aujourd’hui au tour de l’Allemagne de voir  ses manipulations dévoilées.

Selon les spécialistes, la méthode allemande apparaît plus « maline » que la méthode grecque: beaucoup d’emprunts allemands engagés pendant la crise n’ont pas été réalisés par le Trésor Fédéral Allemand, mais par des Fonds Fédéraux Spéciaux (les « Sondervermögen »).

Comment ça marche ? 

L’Etat Fédéral dispose de 14 fonds spéciaux, créés par l’article 48 de la loi d’organisation financière allemande.

Ces Fonds permettent de réaliser des emprunts pour soutenir des secteurs ou des politiques, sans que l’Etat Fédéral ne soit impliqué. Il s’agit « d’opérateurs », ou d’une « externalisation des engagements« . 

Grâce à cette méthode, l’Allemagne est parvenu à maquiller une partie de son déficit, qui est supérieur de 2 points au déficit affiché et de sa dette qui est, en réalité, bien supérieure à 60% du PIB. 

Jusqu’à présent, les marchés n’ont pas trouvé d’intérêt à contester la validité des chiffres allemands.

Cependant, alors que la croissance de son PIB devrait passer de 3% à 1%, certains spéculateurs à la baisse pourraient attaquer l’Allemagne et utiliser cette information.

Un tel aveu viendrait porter un coup considérable à la stabilité de la zone euro, dont le dernier Etat vertueux et dynamique serait perdrait la confiance des marchés.

On peut dire que son avenir ne tient plus qu’à la volonté des marchés financiers de se voiler la face… mais jusqu’à quand ? 

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Et si Le Pen n’avait pas ses 500 signatures ?

A chaque veille de présidentielle, le FN fait mine de peiner à obtenir ses 500 signatures (voir article). 

Péril en la demeure

Mais pour 2012, ses plaintes pourraient être fondées. 

En effet, jusqu’à présent, les signatures étaient accordées sous couvert d’anonymat.

Ce n’est plus le cas : les noms des élus signataires seront publiés au Journal Officiel. 

Or, si Le Pen obtenait jusqu’à présent ses 500 signatures avec quelques coups de pouce de la part de la droite (RPR puis UMP) dont le FN représentait une réserve de voix essentielle pour le second tour, il ne bénéficie plus de ce statut à présent. 

Pour l’heure, elle dispose d’une réserve de 1200 élus susceptibles d’intervenir en sa faveur, puisque le FN a obtenu 1200 voix aux dernières sénatoriales. Mais, parmi ces 1200, peu oseront prendre le risque de s’afficher publiquement au soutien de Marine Le Pen. 

De plus, le poids croissant de Marine Le Pen dans les sondages en fait un ennemi dangereux pour l’UMP, et le report de voix des électeurs FN vers Sarkozy s’amenuise. Bref, la réserve de voix à l’extrême droite se réduit (c’est pourquoi la Droite Populaire prend désormais tant de place dans le dispositif de communication de l’UMP). Il n’est donc pas absurde de croire que l’UMP fasse pression sur des élus « indépendants » pour qu’ils s’abstiennent de tout soutien à la candidate du Front National.

Bien sûr, le FN aurait pu trouver auprès du PS un soutien discret, ce dernier ayant intérêt à voir Marine Le Pen concurrencer Sarkozy. Mais il ne serait pas tenable de constater, dans les signatures publiées, près de 200 noms d’élus socialistes ou proche du PS. 

Le parti d’extrême droite est donc seul cette année, dans sa course aux parrainages. 

La question de son absence au premier tour de la présidentielle mérite donc d’être posée. 

Que se passerait-il alors ? 

On peut considérer que Nicolas Sarkozy se verrait fortement renforcé par l’absence de concurrente à l’extrême droite. 

Mais il ne faut pas oublier que la majorité des électeurs du FN ne sont pas des néo-fascistes, seulement des citoyens souhaitant envoyer un message à la classe politique « traditionnelle » en votant pour un candidat anti-système.

Ainsi, les autres concurrents « anti-système » pourraient en profiter de l’absence de Marine Le Pen, et notamment Mélenchon. 

Bayrou, de son côté, pourrait bénéficier de cette absence dans les campagnes, auprès des électeurs ruraux désespérés par la « méthode sarkozy ». 

Sarkozy a-t-il intérêt à l’échec de Marine le Pen ?

Sachant qu’il est à la conquête de 2 à 5 points pour pouvoir briguer la place de n°1 à l’issue du 1er tour face à François Hollande (voir analyse), et que la candidate FN est créditée de plus de 15% des voix, il aurait ainsi une la quasi-assurance d’obtenir les points qui lui manquent (en pariant qu’au moins 1/3 de l’électorat frontiste se rabattra, par défaut, sur le bulletin UMP). 

Jusqu’à aujourd’hui, la présence du FN favorisait la victoire de l’UMP au second tour. Désormais, elle concurrence le parti présidentiel au 1er tour. Le FN a ainsi perdu son principal soutien dans sa course aux parrainages… il y a donc bien un « risque »

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Hervé Morin… l’inutile ?

Qui est-il ? Où va-t-il ? Ce formidable zéro des temps nouveaux ? 

Hervé Morin a fait son coming out : il sera bien candidat à l’élection Présidentielle.

L’affiche l’affiche mal

Déjà, une partie des frais de campagne ont été engagée dans une affiche d’une banalité affligeante : du pourpre Ségolène, une slogan comportant les mots « nouveau », « changer » et « France », et un candidat sans cravate, pour faire plus jeune…

Nous sommes ici dans le cliché (c’est le cas de le dire) je plus imbécile. Si cette affiche est à l’image de la stratégie de campagne de Morin, on ne peut rien lui promettre ! 

D’abord, en choisissant la couleur bleue, Morin nie lui-même sa différence, en se raccrochant aux visuel classique de la droite classique. C’est vrai… il reste peu de couleurs primaires dans le panier.

Mais le jaune alors ! La couleur de l’UDF… la couleur de Giscard, la couleur des Lib-Dems anglais, la couleur de la CDU… quel dommage, vraiment ! 

Ensuite, le slogan. De tout temps, les slogans de présidentielle contiennent les mots « changer » et « France »… enfin, les slogans des candidats loosers (voir liste). Il était temps de changer un peu, d’innover, d’être franc ! 

Mais venons-en au fait : que pèsera Morin dans cette présidentielle ?

Il dispose d’environ 15 à 25% de popularité, actuellement en baisse, alors que des candidats comme François Bayrou ou Eva Joly disposent d’une popularité de près de 40%.

La popularité de Morin est essentiellement conditionnée à son exposition médiatique. Toute sa stratégie est donc tournée vers un objectif : passer à la télévision.

Or, une fois la campagne débutée, il se verra probablement éliminé des écran-radar : seules les petits chaines et les sous-émissions l’inviteront… service minimum.

De plus, ses troupes étant clairsemée et désargentées elles risquent rapidement de se démotiver, dans le froid du mois de février, à l’heure de la cristallisation des intentions de vote. 

Prendra-t-il des voix à Bayrou ? Certainement, peut-être 1 à 2 points. Mais ce sera surtout Sarkozy qui pâtira de sa candidature.

C’est pourquoi les pressions menées par l’UMP sur les députés NC dans la perspective des législatives à venir, vont à la fois affaiblir Morin et renforcer Bayrou. 

Le pari fou du « vote par défaut »

Si Morin annonce effectivement sa candidature le 27 novembre (voir article), c’est qu’il dispose d’études de marché lui promettant un score supérieur à 5%, malgré les différents sondages lui prédisant… 0% d’intentions de vote (voir article).

Quel est donc le secret espoir qui habite l’ancien ministre de la défense et le pousse à s’engager ?

Peut-être celui que, dans certaines villes et quelques campagnes, des électeurs de droite aujourd’hui indécis se penchent sur le panier de candidats en se disant : je n’aime plus Sarkozy, mais je ne voterai jamais pour un socialiste… et ce Bayrou je ne l’aime pas… et puis Le Pen, jamais je ne voterai pour l’extrême droite… alors peut-être Morin, pourquoi pas… ?

Bref, entre l’abstention et Morin, certains électeurs qui s’enorgueillissent de n’avoir jamais manqué un scrutin depuis 1962 pourraient préférer glisser dans l’enveloppe un bulletin Morin plutôt qu’une feuille de papier toilette.

Mais quel score peut représenter cette population ? Comment peut-on construire une campagne en pariant uniquement sur le rejet des autres… en sachant qu’un électeur que la droite et la gauche insupporte… rejette souvent le Centre avec, sans quoi le « Centrisme » serait à plus de 70% d’intentions de vote !

Ne servant ni ne desservant personne – à part lui-même – et incapable de proposer un  véritable projet d’adhésion, Hervé Morin apparaît bien comme le candidat inutile de cette élection. Bonne chance à lui ! 

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Pourquoi Eva ne fera pas (vraiment) campagne…

Le PS et les Verts ont conclu, récemment, un accord (fragile) de gouvernement (voir article).

Ce deal d’arrière boutique, digne de la IIIème République, a été fortement médiatisé par le PS, afin de montrer aux futurs électeurs d’EELV que ce parti était bien une organisation politicienne à l’ancienne et non une « coopérative d’idée cherchant à faire de la politique autrement ».

Mais passons sur la forme et allons voir les conséquences de cet accord sur la campagne d’Eva Joly. 

Quels sont les termes de l’accord entre socialistes et écologistes (voir l’original) ? 

Ce ne sont pas moins de 30 pages d’un traité commun, qui peuvent être résumé en pas moins de 25 propositions concrètes qui font, pour leur majorité, déjà partie des programmes des deux formations. 

Mais l’important n’est pas là ; il est dans la monnaie d’échange : les 15 circonscriptions législatives qui permettront aux écologistes de composer un groupe parlementaire en 2012 et ainsi d’obtenir des postes ministériels (voir article).

Or, c’est en réalité l’ensemble de l’équipe de campagne d’Eva Joly qui est aujourd’hui dans les starting blocks pour négocier un marocain ministériel auprès du (peut-être) futur président socialiste. 

On peut envisager qu’avec une vingtaine de députés, ce seront près de 5 ministères et secrétariats d’Etat que le PS devra céder aux écologistes. 

Surtout, le poids des Verts sur le « président » Hollande ne dépendra pas du score d’Eva Joly, mais bien de l’importance du groupe parlementaire qui sera composé à l’issue des élections législatives. 

Il y a donc fort à parier que tous les ténors d’EELV seront à leurs circonscriptions, sur le terrain, et non auprès d’Eva Joly ou sur les plateaux de télévision nationaux. 

La liberté de parole de la candidate sera donc fortement contrainte par l’accord passé.

Elle ne pourra en aucun cas attaquer de front le PS et se contentera de taper sur Sarkozy et surtout Bayrou, dont elle tentera de siphonner les voix. 

Or, cette stratégie est politique absurde, EELV ayant adopté, depuis sa création, un positionnement « central » (ni socialiste, ni de droite, mais écologiste) : en s’associant au PS, les Verts ont sapé la clé de leur succès, ce positionnement alternatif qui leur donnait un avantage dans le paysage politique français. 

C’est pourquoi il y a de forte chances pour qu’Eva fasse fuir certains électeurs « centristes », déçus par la tournure des évènements, sans qu’elle puisse attirer à elle des électeurs « socialistes » déçus en attaquant Hollande. 

On peut donc parier sur un score écologiste inférieur à 10% lors de ce scrutin.

Ce sera toujours mieux que les 2% obtenus à lors des échéances précédentes…

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Les leitmotivs des candidats à la présidentielle

Chaque candidat se présente avec un programme résumé en 2 à 3  idées.

Pour Sarkozy, ce seront les thèmes de la continuité et la crédibilité. Son argument : sans moi, la France deviendra la Grèce. Sarkozy dit « votez pour moi« .

Pour Hollande, ce sera espoir et renouvellement. Son argument : avec moi, vous serez plus heureux qu’avec Sarkozy. Hollande dit : « votez pour vous« .

Pour Bayrou, c’est déjà produire, instruire, construire. Son argument : avec moi, le pays sera remis debout. Bayrou dit : « votez pour le pays« .

Pour Eva Joly, l’Ecologie et République irréprochable. Son argument : l’écologie c’est l’avenir. Joly dit : « votez pour vos enfants« .

Pour Le Pen et Mélenchon, il faut casser le système. Son argument : il faut mettre dehors ceux qui nous ont mis dedans. Ils disent : « votez contre eux« .

On sait maintenant à quoi s’attendre ! 

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Présidentielle : revue des sondages à 8 mois du scrutin

Les sondages du mois d’Octobre-Novembre permettent de situer la fourchette (large) dans laquelle se dessinent les résultats du premier tour. 

La comparaison des différents sondages ouvre plusieurs perspectives : 

Hollande se situe dans une fourchette de 29% à 35%. Sarkozy oscille entre 21 et 29%. Il n’y a donc pas, pour l’instant, de possibilité pour Sarkozy d’obtenir la pôle position à l’issue du premier tour : son score maximal est inférieur au score minimal de Hollande… mais cet écart est faible et peut être rattrapé. 

Pour sa part, Marine Le Pen évolue entre 15 et 19%. Sa situation risque difficilement de s’améliorer. Un « 21 avril à l’envers » reste donc très peu probable. 

Bref, pour l’heure, trois perspectives se dessinent : 

Pour Sarkozy, la question est donc : comment reprendre 2 points ?

En tablant sur l’hypothèse la plus optimiste pour Sarkozy, le final se jouera dans un mouchoir de poche. 

Les voix qui manque à Sarkozy peuvent venir du Centre – dont l’électorat se rapproche cependant de Hollande – et de l’extrême droite. 

La stratégie pour les mois à venir sera donc d’améliorer la popularité de Sarkozy pour pouvoir prétendre à l’hypothèse haute… et aller chercher des voix chez Marine Le Pen. 

Enfin, Bayrou se stabilise entre 7 et 9%, soit son score « normal » pour un début de Présidentielle.

Nous devons donc nous attendre à une double stratégie de l’UMP : au Président le soin de « recentrer » son image – jouant sur la distance, la « présidentialité »… on peut parler de Chiraquisation – à ses ministres le rôle de muscler le discours en direction de l’extrême – notamment Guéant.

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