L’Euro vivra !… malgré tout.

L’OCDE titre la sonnette d’alarme dans un rapport du 28 novembre : la zone euro sera en récession jusqu’en 2013.

D’ici à dire qu’un Etat comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou le Portugal soit en défaut de paiement d’ici là, faute de rentrées fiscales suffisantes, il n’y a qu’un pas (lire).

Or, toute éjection d’un Etat de l’euro-zone conduirait inéluctablement à la mort de l’Euro. Londres a d’ailleurs prévu le coup : les banques britanniques vendent leur dette grecque et portugaise et réduisent les bonus de leurs employés et les dividendes de leurs actionnaires pour disposer de suffisamment de fonds propres pour parer à toute éventualité (voir).

La seule solution : monétiser les dettes par la BCE.

Une année serait ainsi gagnée, jusqu’au retour de la croissance du moins. Monétiser, kesako ? C’est tout simplement dévaluer l’euro. Si 1 € ne vaut plus que 80 cents, alors 1000 milliards de dettes ne font plus que 800 milliards. Cette mesure aurait un autre avantage : même si les salaires ne sont pas réhaussés, la perte de pouvoir d’achat ne sera visible que face à des produits hors zone-euro : les produits européens auront conservé leur prix d’origine, quand les produits hors zone-euro verront leur prix augmenter artificiellement de 20%. Adieu la Chine ! 

Que Moddy’s dégrade tous les pays européens en même temps !

Le problème dans l’affaire des « AAA » n’est pas de le perdre, mais bien de le perdre alors que le reste le conserve. Ce déséquilibre provoque des attaques spéculatives sur les dettes souveraines et les entreprises locales : les spéculateurs parient sur une catastrophe et provoquent cette catastrophe. 

Par contre, si tout le monde est dégradé en même temps… plus de différence, et donc plus d’attaque ciblée. 

L’euro survivra…

Malgré les délires journalistiques sur la fin de l’euro, qui permet de vendre beaucoup de papier, de publicité et d’organiser d’interminables débats, l’Euro vivra. Pourquoi ? Tout simplement parce que le marché a besoin de l’Euro : les grandes entreprises y voient un bouclier pour leur compétitivité ; les banques un bouclier pour leurs assurances ; et tous les pays non-américains un bouclier contre… un effondrement de l’amérique.

Et demain ? Espérons que l’image d’Obama soit suffisamment écornée dans l’opinion publique européenne pour que les dirigeants européens puissent montrer des doigts ces agences de notation « américaines » qui dégradent allègrement les banques et Etats européens, sans jamais lever le sourcil en regardant les Etats-Unis. Il faudra dénoncer ce déséquilibre haut et fort et contre-balancer cela par la mise en place d’une agence de notation européenne indépendante qui… viendra taper sur la dette américaine. Une sorte de système de dissuasion financière après la dissuasion nucléaire.  

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