Qui est vraiment Monsieur Hulot ?

Les choses se précisent quant à la candidature de Nicolas Hulot à la primaire écologiste, selon les dires d’un député proche d’Eva Joly (voir article). Et il a de grandes chances d’être une des premières surprises de cette élection.

Pain béni pour Sarkozy

L’animateur télé est vu par 61% des Français comme le meilleur candidat écolo pour 2012, selon l’Ifop. Mais 54% soupçonnent que sa candidature soit une « construction médiatique » selon Le Parisien. Eva Joly s’angoisse : « qu’il se décide ! ».

Il est vrai que sa candidature est du pain béni pour Sarkozy : il embarrasse les Verts, fait concurrence aux Centristes et oppose à l’étalon-quiqua De Villepin une seconde belle gueule.

Bon point pour les socialistes : l’atmosphère chez les écolos est devenue irrespirable, depuis que Cohn-Bendit semble lâcher Joly pour Hulot. D’ailleurs, si J-V.Placé a révisé d’office les dates des primaires chez EELV, de septembre à juin c’est avant tout pour ne pas désavantager Eva Joly face à Nicolas Hulot.

Sincère ou manipulé ? Qui est vraiment Monsieur Hulot ?

Ce lillois de 56 ans est tombé dans l’écologie… grâce à Ushuaïa.    À force de voir la dégradation de l’environnement, il lance sa Fondation… en 1995, à 40 ans. Il n’est jamais trop tard !

Fils d’un aventurier-chef d’entreprise, il quitte vite Lille pour la 16eme arrondissement, le lycée Saint Jean de Passy. Mais le sort s’acharne sur ce jeune homme : la ruine de la famille, le décès de son père alors qu’il n’a que 15 ans, le suicide de son frère quelques années plus tard.

Nicolas se lance dans la vie active pour aider sa mère veuve. Il enchaine les petits boulots jusqu’à être recruté, à 18 ans, comme photoreporter dans l’agence de presse Sipa.

Il part alors sur les traces de son aventurier de père, au Guatemala, en Afrique du Sud, en Rhodésie…

De retour à Paris, il se cherche une place de chroniqueur, de présentateur, dans les médias. Après des débuts à France Inter, il devient animateur d’une émission d’enfants sur TF1, à qui il vend le concept d’Ushuaïa, émission qu’il anime depuis 1987 !

Rémunéré 30 000 € mensuels pour 4 émissions, il a le temps de cumuler un beau trésor de guerre  qu’il réinvesti, avec force défiscalisations, dans sa fondation.

Mais sa vie privée reste mystérieuse. Il s’ingénie à bloquer les projets de biographie. La première, « Sain Nicolas », parue en 2010, met, en lumière, pour la première fois, sa passion pour la navigation, ainsi que son caractère séducteur, cyclothymique et dont le principal trait est de « caler avant l’arrivée ».

La fondation Nicolas Hulot, crée en 1995, dédiée à « l’éducation à l’environnement », est, en moins d’une année, reconnue d’utilité publique et dispose d’un budget annuel de plus de 3 millions d’euros.

A cette époque, l’homme est conseillé de Jacques Chirac sur l’écologie, et même pressenti au poste de Ministre de l’Écologie du premier Gouvernement Raffarin. Il aurait écrit le fameux discours de Chirac à Johannesbour en 2002 (« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ») et inspiré l’idée d’intégrer une « charte de l’environnement » dans la Constitution (effectif en 2005).

Dès les présidentielles de 2007, il envisage d’être candidat. Il est alors aussi proche des Verts que de l’UDF, dont il se rend à l’Université d’été en 2006. Ni antilibéral, ni antinucléaire, pragmatique et pas dogmatique, il veut dépolitiser le débat. Son credo : le capitalisme est conciliable avec un environnement préservé.

Mais, celui que l’on surnomme le « télé-écologiste », renonce, laissant derrière lui le « Pacte écologique », bel outil marketing, signée par 700 000 personnes dont les principaux candidats à la présidentielle, mais jamais respecté.

Il avoue alors son manque de compétence en matière politique, affirmant qu’il ne souhaite pas être « vice-Premier ministre en charge des affaires environnementales », car il manque d’une « solide expérience des institutions ».

Il renonce aussi face aux révélations gênantes sur l’action de sa fondation, très liée à TF1, mais surtout financée par des majors industrielles parmi les plus polluantes comme EDF, L’Oréal, Rhône-Poulenc, Autoroutes du Sud de la France, Bouygues Telecom, Leclerc, Lafarge, Saint-Gobain, hôtels Ibis, Norauto…

A ceux qui le lui reprochent, il rétorque préférer l’argent privé à l’argent public et entend « faire évoluer les entreprises de l’intérieur”.

De plus, Hulot (et TF1) ont fait d’Ushuaia une licence d’exploitation cédée à de nombreux groupes industriels tels l’Oréal, Atol, Rhonetex, Quo Vadis, pour un Chiffre d’affaires annuel de 100 million d’euros.

Or, rien, dans ces produits, ne respecte l’environnement : l’encens est déclaré cancérigène, le gel douche nocif, le magazine bourré de publicités pour des 4×4…

Interrogé, Hulot s’est d’abord dit surpris, avant de « s’y faire ».

Aujourd’hui, il se réfute toute accusation de permettre aux entreprises polluantes de se donner bonne conscience en finançant sa fondation.

Comment peser sur le débat politique français sans se mettre en danger ? Telle est la question pour Nicolas Hulot.

La manière dont son « pacte » a été piétiné par les politiques en 2007 lui démontre que la seule façon de peser est de se présenter à l’élection reine.

Dans cette décision, il n’a que peu à craindre des médias.

Confrère et bon client, Hulot est un bon produit journalistique.

La preuve : alors que son film « Le Syndrome du Titanic » (2009) s’avérait un échec commercial et était rejeté par les écologistes comme trop simpliste et alarmiste… la presse livrait des articles élogieux.

Hulot est d’autant plus préservé qu’il bénéficie du soutien d’une belle parte du star-system médiatique : Corinne Lepage, Henri Praglio (Veolia, Thales), Serge Orru (WWF), Julien Clerc, Luc Besson, Pascal Obispo, Mathieu Kassovitz, Florent Pagny, Jean-Paul Besset (Le Monde), Yann Arthus-Bertrand, Pierre-André Taguieff, Françoise Hardy, Eric Orsenna…

Par contre, il doit mettre de l’ordre dans ses affaires afin de ne pas subir d’attaques.

Ensuite viendra le temps de la politique. Parmi les Verts, Hulot a le soutien d’Yves Cochet, mais reste en concurrence avec Eva Joly, qui a perdu la moitié de son avance dans les sondages.

Autre solution : rejoindre J-L.Borloo sans se présenter, pour faire avancer « de l’intérieur » le programme UMP et s’imposer comme super-ministre de l’écologie du futur premier-ministre Borloo.

Mais cette option semble à écarter, Hulot jugeant désormais « impossible d’appeler à voter pour Sarkozy » en 2012. En effet,  Hulot aurait été outré par la décision de Sarkozy d’abandonner  la taxe carbone.

D’ailleurs, Hulot aurait déjà commencé à se préparer : consulter des avocats, régler ses « problèmes administratifs » avec le personnel de sa fondation, consulter des experts, des coachs médias, mettre en sourdine son discours catastrophiste pour jouer les « optimistes ».

Un projet qui semble confirmé par Cohn-Bendit, pour qui Hulot a « visiblement envie » d’être candidat.

Ses chevaux de bataille semblent être la fiscalité écologique, la réforme de la PAC, et la création d’un poste de Vice-Premier ministre en charge du développement durable.

Il va falloir se mettre à plancher sur ces sujets !

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