Le MoDem, parti du capitalisme social ?

Le « capitalisme social » est une théorie oubliée mais un courant politique en vogue.

Le «capitalisme social» comme théorie économique : une thèse oubliée

Le capitalisme social n’est pas une rencontre des deux, mais une organisation économique organisant un « équilibre » entre capitalisme et socialisme.

Ce modèle économique repose sur trois piliers :

-la garantie d’une « allocation universelle » de base pour tout citoyen, dès sa naissance.
-la privatisation de l’ensemble des services, hormis la justice, la police et l’armée.

Ce système se nomme la « subvention directe ». Ainsi, chacun bénéficie d’une égalité réelle des conditions à l’origine et choisit librement de dépenser son revenu.

Toute autre forme d’allocation ou de politique de lutte contre les inégalités est donc inutile.

Les individus cumulent leur « revenu universel » avec la  rémunération de leur travail, sans contraintes.

Ce système est financé sur la base d’une taxe sur les transactions marchandes (0,1 centime à chaque paiement, dépôt d’argent, etc…) retenue à la source (sur les comptes bancaires, l’argent liquide étant supprimé).

-Le capitalisme social comme courant d’opinion : un mouvement en vogue

Le capitalisme social peut s’apparenter à un courant politique de centre gauche (proche du Solidarisme et du Catholicisme Social), selon lequel le capitalisme ne doit pas servir le seul profit, mais doit être mis au service du progrès social.

Il s’agit de concilier logique économique et objectifs sociaux, de réconcilier l’économie et la société.

Ses idées forces sont au nombre de 3 :

-l’autogestion des entreprises par leurs salariés (coopératives).

Les chiffres montrent qu’une entreprise autogérée a 50 à 70% de chances de survie supplémentaire en cas de crise.

Ainsi, en Espagne, le gouvernement verse la totalité des allocations chômage de manière anticipée aux salariés licenciés souhaitant reprendre leur entreprise, tout en leur prodiguant une aide juridique à la création d’entreprises.

-le développement de l’entreprenariat social (« social business »).

L’économie sociale est souvent qui rapproché du monde associatif et de la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) : en complément de leur activité traditionnelle, les entreprises développent une activité sociale.

Cette pratique vient des États-Unis, où des entreprises tel Better World Telecom (BWT) consacrent des millions de dollars au financement de fondations dont l’action est tournée vers l’aide à l’enfance, à l’éducation ou l’environnement.

Mais le social business dépasse la RSE pour proposer un « modèle économique » nouveau, où des entreprises privées prennent en charge des segments entiers de l’action sociale (éducation, insertion, aide aux personnes en difficulté).

On parle alors « d’entreprise sociale » : une organisation à but lucratif, mais vouée à une action sociale (tel le micro-crédit).

Son objectif est de fonder une relation équilibrée entre l’entreprise et la société, fondé sur le respect d’une éthique et une juste rémunération du travail.

Dans ces entreprises, le capital social prime sur le capital financier.

Le récent développement de l’Economie Sociale est, pour parti, lié à l’affaiblissement de l’Etat-providence : sont ainsi transférées vers l’économie sociale certaines missions, comme la revitalisation des zones rurales, à la manière des Community Interest Companies (CIC) anglaises.

Concrètement, le but de ces entreprises est social, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne cherchent pas à réaliser des bénéfices pour financer leur action.

Cette troisième voie est aujourd’hui en plein développement dans les nouveaux pays industrialisés : à côté du capitalisme financier s’exprimer un esprit associatif, mutualiste et coopératif nouveau.

Ce « tiers secteur » porte des réponses innovantes aux problèmes sociaux, mobilise de nouvelles ressources, adaptant des méthodes utilisées dans la sphère capitaliste pour servir des missions sociales.

Ces activités « commerciales »,  ancrées dans le marché, réalisent un travail de création de lien social.

De nombreux produits de qualité et à bas prix sont ainsi proposés aux habitants de zones pauvres de l’Inde ou d’Afrique par des entreprises comme Danone.

Il prend aussi une place de plus en plus importante dans le monde de la finance : finances solidaires, Bourses sociales, capital patient, social banking, peer2peer bancaire sur le Web : se créent de nouveaux modes de placement pour lesquels les investisseurs n’attendent pas un retour financier rapide.

On peut donc voir le « capitalisme social » comme un capitalisme éthique.

Mais, en Europe, son développement reste faible. Ainsi, en France, l’économie sociale et solidaire représente à peine 10% de l’emploi.

De plus, les « labels » Economie Sociale ou Entreprise sociale sont parfois des leurres. Ainsi, certaines coopératives ont échappé au contrôle de leurs adhérents, à l’instar du Crédit mutuel, du Crédit agricole, des Caisses d’épargne.

Certains vont jusqu’à dénonce « La Face cachée du commerce équitable », attaquant Max Haavelar.

C’est pourquoi il s’agit aujourd’hui de créer un label afin d’encadrer l’entrepreneuriat social.

Se pose surtout la question de savoir si l’économie sociale restera marginalisée ou deviendra le socle d’un new deal planétaire.

-l’expérimentation sociale

Innover intelligemment demande d’expérimenter, de tester grandeur nature les projets.

Chaque projet devient ainsi un laboratoire social.

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