L’Economie Sociale et Solidaire… un sujet cher aux Modem !

Le mois de novembre 2010 était placé sous le signe de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS)…

…mais le sujet ne semble pas avoir emballé les médias.

 

Pourtant, 12% des salariés français travaillent dans le secteur de l’Économie Sociale.

Pourtant, l’ESS apparaît comme le meilleur moyen de reformer le capitalisme de l’intérieur.

Pourquoi ce manque de visibilité ?

Car personne n’a su, jusqu’à présent, définir l’économie sociale . On parle de « Tiers Secteur », comme on dit « Troisième Voie » pour le centrisme. Ni capitaliste, ni étatiste. Ni entreprise, ni service public.

Trop flou, trop complexe, trop diverse, le concept d’ESS n’est pas adapté à l’esprit journalistique contemporain… ça ne se résume pas en 20 secondes !

C’est pourquoi le « tiers-secteur » est montré comme une mosaïque d’associations para-publiques, d’organismes philanthropiques et d’entreprises éthiques.

Mais on oublie presque toujours que l’ESS, ce sont les coopératives et les mutuelles.

Ce sont des entreprises comme Ethiquable, le groupe Chèque Déjeuner ou la MACIF.

Ce sont aussi 1700 Sociétés Coopératives de Production (SCOP) qui sont les entreprises qui ont le moins licencié en France durant la crise.

Pourquoi, malgré ce succès, personne ne défend l’ESS ?

Enfin, personne, mis à part Michel Rocard dans les années 1980 et François Bayrou depuis 2002 !

Peut être est-ce parce qu’il s’agit d’un concept anglo-saxon.

L’Economie Sociale est un héritage du Charity Business anglais. Il se décline aujourd’hui en Social Business.

Et quand, en France, un homme politique associe les mots « social » et « entreprise », il a souvent du mal à se faire comprendre.

Qu’est-ce que c’est, une entreprise sociale ? Cela peut être un réseau privé de services aux personnes dépendantes, en partie subventionné par l’Etat. Cela peut être une banque qui attribue des microcrédits sans garanties à des autoentrepreneurs.

Mais peut-on faire du profit en faisant du social ?

Lourde question… jusqu’à présent, il revenait à l’entreprise de créer la richesse et à l’Etat de traiter la pauvreté. On voit aujourd’hui où cette division du travail social nous a conduit !

Ce temps semble révolu et, en réalité, tout dépend de ce que l’on entend pas profit. Un profit transformé en dividende pour des actionnaires étrangers n’a pas la même « valeur sociale » que des profits réinvestis dans l’amélioration de la qualité ou redistribués en hausses de salaires.

Autre point sensible. Un argument est inévitablement soulevé lors des débats : « les entreprises sociales  concurrencent les services publics et les entreprises classiques ! »

C’est un peu court… puisque les pays européens où l’ESS est la plus développée présentent des taux de chômage et d’endettement public parmi les plus bas. Regardez les pays scandinaves !

Il est absurde de croire que l’Economie Sociale s’oppose à la fois aaux services publics et aux lois du marché.

Au contraire, elles ouvrent la voie d’une réconciliation entre les deux.

En fin de compte, le principe qui fonde l’ESS est assez simple : « celui qui créée de la valeur en la détruisant ailleurs, finit par se détruire lui-même. »

C’est pourquoi les entreprises doivent chercher, à la fois, la rentabilité et l’utilité sociale.

Cette recherche à un nom : l’entrepreneuriat responsable, ou encore « croissance intelligente » (Umair Hacque).

L’entrepreneuriat responsable est une réalité. Les « activités marchandes à but social », émergent, envers en contre tout.

Elles créent des emplois non-délocalisables et donnent la priorité aux salariés sur les actionnaires.

Elles donnent naissance à un nouveau capitalisme, où le principe d’enrichissement personnel laisse place à celui de responsabilité collective.

Elles donnent corps à ce que François Bayrou nomme la « social-économie ».

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