Biographie courte mais sincère de François Bayrou.

Les racines

Né dans les Pyrénées-Atlantiques en 1951, François Bayrou grandit dans une famille d’exploitants agricoles. Il découvre la politique avec son père, Maire (MRP) de Bordères, sa ville natale.

Il obtient son Baccalauréat à Nay, dans l’été ’68, et entre en classes préparatoires littéraires à Bordeaux, puis en fac de lettres.

À 20 ans, il épouse Elisabeth, sa femme actuelle, avec qui il aura 6 enfants.

Il parvient à vaincre son bégaiement. Et, malgré son échec au concours de l’Ecole Normale Supérieure, il obtient l’agrégation de lettres à 23 ans.

Devenu enseignant, il s’engage parallèlement à poursuivre l’exploitation agricole de son père, décédé dans un accident.

Il s’intéresse à la politique à travers les mouvements non-violents et son travail d’éditorialiste. Catholique pratiquant, il est proche de la Démocratie Chrétienne.

Homme de cabinet et homme de terrain.

Militant politique, il devient une plume de Jean Lecanuet et accède rapidement aux cabinets ministériels giscardiens. À 28 ans, il est conseiller technique au Ministère de l’Agriculture, puis conseiller auprès du Président du Sénat, Alain Poher.

Après l’échec de Valéry Giscard-d’Estaing en 1981, il revient à la politique locale, devenant conseiller général du Parlement de Navarre en 1982 – dont il sera, dix ans plus tard, le Président – puis conseiller municipal de Pau en 1983.

Tout en remplissant, à partir de 1984, la fonction de conseiller  de Pierre Pflimlin, Président du Parlement Européen, il mène la campagne des législatives et devient député des Pyrennées-Atlantiques en 1986.

Il est, au début des années 1990, Président du « Centre des Démocrates Sociaux » (CDS), l’une des principales composantes de l’UDF.

Le Ministre

Il fait de la lutte contre l’illettrisme son principal cheval de bataille.

C’est donc en toute logique qu’il devient Ministre de l’Education Nationale du gouvernement Balladur en 1993.

A cette époque, il publie une biographie d’Henri IV : « Le Roi libre », un véritable succès de librairie qui s’ajoute à sa dizaine d’ouvrages politiques et historiques, et dont les droits d’auteurs lui permettent de financer sa passion : l’élevage de chevaux de course.

Rue de Grenelle, il engage une réflexion sur les conditions de travail des enseignants et de leur élèves, qui conduit, entre autres, à la semestrialisation des études, au développement de l’enseignement technologique et à l’introduction des langues vivantes au primaire.

En 1994, il propose une réforme de la loi Falloux, consistant à supprimer le plafond de subventions par les collectivités locales, des investissements des établissements d’enseignement privé.

Près d’un million de français manifestent contre cette proposition. François Bayrou est accusé de chercher à « réformer à la hussarde », de décider « avec le sondoscope en bandoulière ». Le Conseil Constitutionnel annule le projet de loi.

Cependant, Claude Allègre et Jack Lang reconnaîtront – plus tard – que la méthode Bayrou et ses relations avec les syndicats étaient bien plus prudents et concertés que ces derniers ne le faisaient croire.

Dans la perspective de la présidentielle de 1995, il souhaite renforcer sa position au sein de l’UDF, en organisant la fusion du CDS et du Parti Social-Démocrate. De cette fusion naît « Force Démocrate », qui regroupe la majorité des adhérants de l’UDF.

Lors de la Présidentielle de 1995, il soutien Édouard Balladur, mais ne perd pas le confiance des chiraquiens, puisqu’il obtient le Ministère de l’Enseignement Supérieur dans le gouvernement d’Alain Juppé.

Le créateur de la « Nouvelle UDF »

La victoire socialiste, suite à la dissolution de 1997, le ramène à la politique locale et « interne ».

En 1998, il s’engage dans la bataille pour la Présidence de l’UDF, qu’il remporte, malgré l’opposition de Démocratie libérale d’Alain Madelin, qui souhaite organiser des alliances avec le FN dans la perspective des régionales de 1998, quand François Bayrou rejette toute alliance avec l’extrême droite. DL quitte alors l’UDF. La Nouvelle UDF est née.

La première campagne de François Bayrou en tant que Président de l’UDF sont les Européennes de 1999, où il obtient 9,28 % des voix et devient député européen.

Sa première candidature à la Présidentielle date de 2002. A l’issue d’une campagne difficile, lors de laquelle il giflera un enfant de dix ans qui essayait de lui « faire les poches », François Bayrou obtient 6,84 % des voix.

La voie – et le prix – de l’indépendance

L’UDF de François Bayrou apparaît de plus en plus indépendante face au RPR, qui considère désormais le parti centriste comme une menace.

Alain Juppé va donc faire de l’UMP une arme « anti-UDF » et charge Philippe Douste-Blazy de rallier les Parlementaires UDF à l’UMP. Il recevra, en échange, le marocain des Affaires Étrangères.

François Bayrou parvient cependant à rassembler 30 députés et former un groupe parlementaire UDF.

Dès lors, l’UDF s’oppose à « l’État-UMP » et revendique ouvertement son indépendance.

Une stratégie portée par François Bayrou, lors des élections régionales et européennes de 2004, où l’UDF obtient 12% des voix, malgré l’échec personnel de F.Bayrou en Aquitaine. Autre symbole de l’indépendance de l’UDF : il quitte, au Parlement Européen, le groupe PPE – auquel appartient l’UMP – pour rejoindre l’ADLE.

À partir de 2005, François Bayrou et les députés du groupe UDF, s’opposent à la politique du gouvernement de Villepin, notamment sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, la privatisation des autoroutes, le CNE. Il votera la motion de censure à Dominique de Villepin, la première censure votée par François Bayrou contre un gouvernement de droite depuis 1998.

Le troisième homme

Cette volonté d’autonomie provoque des tensions internes à l’UDF. Pour réaffirmer son autorité, François Bayrou fait voter, en 2006, une modification des statuts de l’UDF, précisant son statut d’organisation « libre et indépendante ».

C’est dans cet élan qu’il se présente, en 2007, à l’élection présidentielle, pour une seconde tentative.

Il obtient alors le soutien du Parti fédéraliste, des Partis écologistes Cap 21 et le Mouvement écologiste indépendant, du Parti Alternative libérale… mais aussi de Michel Rocard ainsi que des collectifs « Spartacus » et « les Gracques ».

Crédité de 8% dans les sondages de début de campagne, il culminera à 22% à la veille du premier tour, et réalisera un score de 18,57 % au premier tour.

En n’appelant à voter ni pour Nicolas Sarkozy, ni pour Ségolène Royal, il devient le « troisième homme » du paysage politique français.

Il profite de ce nouveau statut pour rénover l’UDF, en créant un nouveau Parti : le Mouvement Démocrate, afin de « prolonger la dynamique électorale engagée », incarner « la troisième voie » et organiser une force d’opposition au Président Sarkozy.

Mais, dans la continuité de sa stratégie initiée en 2002, l’UMP charge Hervé Morin de ramener les députés ex-UDF dans le giron de l’UMP. En échange, lui sont offerts les postes de Ministre de la Défense et Président du « Nouveau Centre » – le « centre droit » de la majorité présidentielle.

Autour de François Bayrou, seuls deux députés choisissent le MoDem : Jean Lassalle (Aquitaine) et Abdoulatifou Aly (Mayotte).

Autre coup dur : François Bayrou perd, en 2008, l’élection municipale de Pau à environ 300 voix d’écart avec la candidate socialiste, qui ne doit son score qu’au soutien du candidat UMP.

MoDem… centre-gauche ?

Dans sa volonté d’opposition à la politique de Nicolas Sarkozy, François Bayrou se rapproche du PS et notamment des sociaux-démocrates. Cette stratégie de « main tendue » provoque défections et critiques qui affaiblissent le jeune parti, qualifié de « secte », de « parti de supporters ».

Une fois de plus, François Bayrou doit réaffirmer son autorité et faire valider sa stratégie d’indépendance par les militants, lors d’un rassemblement de 2009.

Mais le mal et fait : l’image de François Bayrou est écornée, les finances du MoDem sont fragiles et le nombre de militants décroit.

Cependant, François Bayrou parie sur les élections européennes de 2009 – l’Europe étant un engagement historique des centristes – pour lancer une dynamique de victoire vers 2012.

Publiant le livre « Abus de Pouvoir », attaquant le Président de la République, ainsi que Daniel Cohn-Bendit, François Bayrou fait le choix « d’entamer la campagne présidentielle ».

Mais, cette stratégie a pour principal effet l’effondrement des intentions de vote en faveur du MoDem dans les sondages.

Le résultat est donc fort décevant : les listes « Démocrates pour l’Europe » obtiennent 8,46% des voix, se plaçant derrière Europe Écologie (16,28 %).

Cet échec s’accompagne de celui des élections régionales de 2010. Restent deux années à François Bayrou pour démontrer que sa conviction qu’un Centre libre et indépendant peut émerger sous la Vème République est réalisable.

En cas d’erreur ou d’approximation, n’hésitez pas à contacter poster un commentaire, et nous modifierons le document.

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