Mes 3 pronostics pour la Présidentielle

L’heure est encore aux pronostics, mais les choses se précisent. 

D’abord, plusieurs paramètres doivent être pris en compte.

-Tout sera fait pour que Marine Le Pen n’aie pas ses 500 signatures et ne soit pas candidate. 

-Tout sera fait pour que Morin et Villepin soient ostracisés des médias, invisibles et inaudibles. 

-Hollande sera lâché par les barons locaux du PS qui, subissant l’usure du pouvoir, ne pourront se maintenir confortablement que s’ils s’opposent au pouvoir National. 

-L’affaire Karachi (et autres) surgira en pleine campagne, mettant Sarkozy en très grande difficulté.

-Bayrou continuera son ascension jusqu’à devenir gênant pour le PS… les portes médiatiques se fermeront alors. Internet et le militantisme de terrain deviendront son seul canal de communication. 

Cela dit, nous pouvons estimer 3 pronostics de premier et second tour, l’un préparant l’autre. 

-Hypothèse 1 : la vague(lette) rose. 

C’est la thèse la plus plausible au regard des sondages… ce qui veut dire qu’il ne faut pas s’y fier ! 

Au premier tour : Hollande 27%, Sarkozy 25%, Bayrou 20% (Le Pen n’est pas candidate). 

Au second tour : Hollande 52%, Sarkozy 48%. Hollande est élu suite à un accord avec Bayrou, qui ne devient pas Premier ministre mais prend la Présidence de l’Assemblée Nationale et place plusieurs ministres à des postes clés. Les législatives donnent une majorité socialiste et permettent au MoDem et aux Verts d’obtenir un groupe à l’Assemblée Nationale. 

-Hypothèse 2 : Sarkozy réélu, mais pour une cohabitation. 

C’est l’antithèse peut-on dire… qui n’a d’ailleurs rien d’improbable. 

Au premier tour : Sarkozy 26%, Hollande 25%, Bayrou 22% (Le Pen n’est pas candidate). 

Au second tour : Sarkozy 50,3%, Hollande 49,7%. Sarkozy est réélu malgré le soutien de Bayrou à Hollande, le report des voix du FN ayant fortement joué au second tour, compte tenu du climat d’insécurité accentué par les médias tout au long de la campagne. 

Législatives : cohabitation, une vague rose s’imposant sur l’ensemble du territoire, le PS ne respectant aucun de ses accords, ni avec les Verts, ni avec le MoDem (qui change de nom). François Hollande devient premier ministre d’un Sarkozy rapidement rattrapé par les affaires. 

-Hypothèse 3 : la surprise Bayrou. 

C’est le scénario que tous les partisans de François Bayrou espèrent. 

Premier tour : Hollande 26%, Bayrou 22%, Sarkozy 21% (Le Pen n’est pas candidate). 

Second tour : Bayrou 55%, Hollande 45%. Aux législatives, accord avec PS et les Verts, et organisation d’une majorité parlementaire « d’Union Nationale ». Le MoDem change de nom et reprend le principe de l’ADES pour rassembler tout le Centre. Le gouvernement est composé de grandes figures de l’ensemble de ces courants, du PS au NC. 

Tous en campagne ! 

Voici mes pronostics.

Mais il n’est plus temps faire des plans sur la comète : il s’agit maintenant de militer pour que ceux que l’on souhaite se réalisent. 

Fini, pour moi, les blogs et les hypothèses… retour au terrain et à la réalité ! 

Bonne campagne et à tous et au 22 avril 2012 ! 

JT

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Pourquoi la TVA sociale peut faire réélire Sarkozy.

Dans ses voeux aux Français, Nicolas Sarkozy a évoqué plusieurs pistes de réformes, et notamment le retour de la TVA sociale proposée en 2007, sous un autre nom, plus « en vogue » : la TVA anti-délocalisation.

Concrètement, son objectif est d’augmenter la TVA de 3 point au moins (passant à 22,6%) afin de renflouer les caisses de l’Etat, et, dans le même temps, de réduire les charges patronales pour inciter à l’embauche.

Le parfait exemple de la fausse bonne idée néo-libérale.

Les théories libérales préconisent cette mesure qui viendrait, à court terme, augmenter les prix, mais, à moyen terme, réduire les prix… en réduisant les coûts de production, puisque le coût du travail serait réduit. Dans le même temps, la baisse du chômage permettrait une augmentation des salaires. Enfin, la hausse de la compétitivité prix des produits français les renforcerait à l’export, améliorant la croissance, l’emploi, etc… Superbe ! 

Mais tout cela est faux (dommage !)

La seule vérité c’est la hausse généralisée des prix : qui diminuera le pouvoir d’achat des français. Or, imaginez la situation d’un employé au SMIC : il perdra près de 15% de son pouvoir d’achat, soit -200 € en poche. Imaginez l’impact psychologique de cela ! Que fera le consommateur ? Il cherchera à réduire ses dépenses et se tournera, encore plus… vers les produits chinois à bas prix, au détriment du Made in Europe, devenu trop cher. 

Le reste, c’est de la blague : l’effet de la baisse du coût du travail n’aura presque aucun impact sur l’emploi. Quelques CDD dans quelques PME. Juste de quoi faire frémir le taux de chômage pour faire de la pub au gouvernement. Par contre, superbe effet d’aubaine : les charges baissent de près de 10%, c’est 10% de plus dans… la poche des actionnaires des grands groupes. Quand les PME profiteront peu de la mesure, le CAC 40 pourra faire pleuvoir les dividendes. Merci qui ?

Bref, pas de baisse des prix (mais une hausse des profits) et pas de hausse des salaires (faut pas rêver !). 

Bilan désastreux à moyen terme.

En fin de compte, la consommation des français baisserait durablement de plus de 10% quand le taux de chômage ne baisserai que de quelques points pour quelques mois seulement. Or, 80% de la croissance française dépend de… la consommation.

Nous enterions donc très certainement en récession !

Une jolie manoeuvre politicienne de Sarkozy.

La TVA sociale pèsera sur les ménages modestes (qui ne votent pas, ou pas à droite), les classes moyennes-inférieures et les fonctionnaires (qui votent majoritairement à gauche). Cela ne pose donc aucun problème politicien à Sarkozy. 

Sarkozy n’a plus rien à perdre, mais tout à gagner avec cette mesure, pour 5 raisons :

il caresse l’électorat des patrons de PME dans le sens du poil. Or, on sait que c’est cet électorat qui lui est le plus fidèle.

cela n’aura aucun impact sur la consommation des CSP+, pour qui une hausse des prix importe peu… et qui craignent bien plus une hausse de leur impôt sur le revenu. C’est donc une mesure neutre pour l’électorat de l’UMP

cela provoquera un « effet d’aubaine » auprès des patrons de PME, qui viendront embaucher en CDD : le taux de chômage baissera donc… juste à la veille des élections. C’est pain béni pour le Président.

c’est une mesure quasiment exigée par toutes les agences de notation dans leurs recommandations. Ce serait donc un moyen de leur envoyer un message positif et ainsi de regagner (s’il est perdu) ou de maintenir notre triple A… à quelques semaines du premier tour. Une fois de plus, c’est presque magique.

cette mesure permet à Sarkozy de se poser sur le terrain de François Bayrou qui connaît un succès réel et de ramener dans le giron de l’UMP une partie des déçus du sarkozysme. 

– enfin, en redressant les comptes de la Nation par de nouvelles rentrées fiscale, Sarkozy sera entré dans le 2ème quinquennat avant l’élection : il aura démontré être capable de prendre des mesures « difficiles » (choc) pour redresser les comptes publics. Dans le même temps, Hollande s’étant favorchement opposé à la mesure, il pourra montre du doigt son adversaire comme un irresponsable. 

La TVA sociale est donc l’arme fatale, le deus ex machina, du Président. 

La TVA sociale peut faire réélire Sarkozy.

Que le Président souhaite mettre en oeuvre une telle ineptie économique démontre bien qu’il est totalement coupé des réalités du pays. En effet, il ne peut être élu en se contentant de son seul électorat. 

Son pari actuel est simple : arriver au premier tour avec un score équivalent à celui de son adversaire et jouer le second tour sur le thème de la « continuité ». 

Mais, concrètement, s’il réunissait même 30% des voix autour de son nom au premier tour… de quelle réserve de voix disposerait-il ? De celles du FN… soit de personnes issues des classes populaires. Or, ce seront eux qui paieront la TVA sociale. 

Mais peut être mise-t-il sur le fait que Marine le Pen n’aura pas ses 500 signatures à temps, et ne pourra être candidate (lire). 

Dès lors, il devra aller chercher ses voix au Centre… qui est majoritairement constitué d’électeurs issus de CSP+ et de chefs d’entreprises, pour qui cette mesure n’a pas d’effet négatif immédiat voire un effet positif.

Ainsi, à quelques semaines de l’élection, Sarkozy bénéficiera d’une conjoncture favorable (tous les voyants au vert) et pourra montrer du doigt Hollande comme irresponsable et  clientéliste.

Du grand art ! 

Comment retourner cette arme contre Sarkozy ? 

Il ne s’agit plus de convaincre les catégorie populaire de ne pas voter Sarkozy. Il s’agit de détourner les CSP+ et les chefs d’entreprise centristes de leur inclinaison « logique » vers l’UMP… Et cela ne va pas être facile. 

Le seul moyen est, une fois de plus, d’attaquer Sarkozy en dehors du terrain des idées : sur le terrain privé, et notamment celui des affaires.

Karachi : voici la bombe qui peut faire sauter le Président… la seule arme qui puisse le faire  totalement échouer.  

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Bayrou, vers la victoire ?

François Bayrou ne cesse de croître dans les sondages… d’abord de popularité, puisqu’il  dépasse François Hollande à plus de 60% de bonnes opinions (lire). 

Puis les sondages d’intentions de votes qui s’envolent : de 7% à 10% puis 14%, le leader centriste s’établi dans une dynamique étonnante (lire).

Mais s’il souhaite obtenir une place au second tour, le béarnais devra se positionner sur un score d’environ 20%.

Il lui manque donc 6 points, soit une progression de +1,5 à +2 points par mois.

Pourra-t-il tenir la distance ?

Certes, un flottement existe à droite et le cristallisation des forces n’est pas faite.

Progressivement, l’électorat hésitant pourrait revenir au bercail UMP, quoique De Villepin puisse jouer un rôle de tampon entre le MoDem et l’UMP, au grand dam de Sarkozy. 

Pour autant, il y a de quoi rester optimiste.

Il y a de grandes chances que les intentions de vote progressent pour François Bayrou à la suite des vacances de Noël : les discussions autour de la table, entre le foie gras et le fromage pourraient permettre à certains « centristes » de convaincre leurs proches déçus du Sarkozysme (ou du PS). 

Janvier pourrait aussi être d’autant plus favorable à Bayrou, que la perte du AAA français montrerait l’incapacité de Sarkozy de réaliser ses objectifs, malgré des efforts louables. Par ailleurs, les difficultés à négocier un nouveau traité allemand pourrait annuler les effets positifs de la dynamique internationale du Président de la République. 

Il n’est donc pas impossible que François Bayrou obtienne un taux d’environ 18% d’intentions de vote avant la période de cristallisation de Février.

Cependant, l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy viendra certainement troubler cette dynamique. 

Dans le même temps, l’UMP appellera au vote utile face à Marine Le Pen, et utilisera ce levier pour ramener l’électorat de centre droit vers Sarkozy. Mais cela viendra-t-il affaiblir Bayrou ou plutôt Villepin ? 

Il reste donc à « briser » Sarkozy, par deux moyens :

-l’ouverture d’une « affaire » qui mette directement Nicolas Sarkozy en cause,  qu’il s’agisse d’une évolution du dossier Karachi ou d’une autre affaire (peut-être soufflée à l’oreille d’un juge d’instruction par Madame Boutin…). 

-obtenir le soutien de personnalités proches du Parti Socialiste comme de l’UMP, comme du PS, du Parti Radical et des Verts, qui montrerait que François Bayrou pourrait, s’il devenait Président, établir une véritable majorité « arc-en-ciel ». 

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Présidentielles : les grandes surprises des petits candidats.

Ils ont été plusieurs à noncer des « surprises » pour 2012. Borloo, Morin, Bayrou, Hollande…  chacun a prononcé ce mot étrange, sans d’ailleurs jamais être relancé par l’interviewer.

Mais quelles sont ces surprises qui semblent donc acquises ? En y réfléchissant bien… chaque « petit candidat » semble nous en préparer une. Le Pen, Bayrou, Joly, Villepin, Morin, Mélenchon… quelque chose est en train frémir du côté du centre et des extrêmes.

Commençons par la star des sondages. A y regarder de plus près, certains élus UMP ont bien raison d’affirmer que Sarkozy ne peut être élu qu’à une condition : la défection de Marine Le Pen. En effet, le FN n’est plus la réserve de voix de 2d tour tant appréciée du RPR. Elle est devenue un challenger direct de l’UMP au 1er tour. Un bruit court : Marine n’aurait pas ses signatures (lire). Un bruit sourd ? Il y a bien des chances en effet que l’UMP fasse pression de tout son poids pour éliminer Miss Le Pen de la course.

Continuons avec Hervé Morin, dont ni les Centristes « Umpistes », ni les Bayrouistes ne croient dans le maintien de la candidature (lire). Janvier serait donc le mois de son retrait. L’excuse ? La même que Borloo : Marine Le Pen est trop dangereuse pour diviser. La véritable raison ? Le deal du Pentagone Français à Balard est vicié et le marché truqué… marché dont le signataire n’est autre que Morin (lire).

Poursuivons avec l’ami Eva Joly, dont la stagnation dans les sondages semble ravir les caciques d’EELV deal était en effet bien monté : EELV présente un candidat « fantoche » à la Présidentielle, pour ne pas gêner le candidat socialiste, et négocie, en échange, des circonscription… avec la menace de relancer la candidature de son candidat si le PS venait à remettre en question les termes du contrat en cours de route. Jusqu’ici, la convention PS-EELV tient… tout le parti écologiste s’est donc ligué pour bloquer la campagne de Joly. Absente des médias, elle risque un score à la Voynet, aux alentours de 2%. Or, pour cette diva, qui se verrait bien Garde des Sceaux, et qui se rapprocha un temps de Bayrou afin d’obtenir une tête de liste aux élections Européennes, pourrait renouer avec le leader centriste. « Découragement » dit-elle. Ce découragement pourrait virer à l’énervement, au vu du traitement que lui inflige ses amis verts (absence de mobilisation militante, équipe de campagne d’amateurs, absence de budget, omniprésence média de Duflot…). Joly jetant l’éponge pour soutenir Bayrou au second tour… joli pied de nez !

Il nous reste enfin le cas De Villepin : lavé par la justice, il a étonné son monde en lançant sa campagne. Celui qu’on attendait plus est prédit à un beau score, au moins supérieur à 5%, se servant à 60% au moins dans le paquet de voix de Sarkozy et prenant le reste au « Nouveau Centre » (d’où le désistement certain de Morin) (lire). Bayrou serait-il épargné ? Pourquoi pas… les deux ayant opté pour un créneau différent : l’un est un gaullien (Bayrou), l’autre gaulliste (Villepin) et ce n’est pas la même chose. Le succès De Villepin tiendra à son style, sa verve et son panache, face à un Bayrou plus terne. Voilà qui risque de coûter cher à Sarkozy… et renforce la nécessité d’éliminer son pire concurrent de la partie : le FN.

Récapitulons donc… d’ici Mars, le feuilleton de la présidentielle risque de rebondir drôlement.

Janvier sera certainement le mois du désistement de Morin, dans un contexte de perte du AAA et d’austérité sévère.

Février celui de la percé conjointe de Bayrou (qui viendra affaiblir Hollande) et De Villepin (qui affaiblira Sarkozy).

Mars sera le mois du retrait de Le Pen, faute de signatures, la remontée mécanique de Sarkozy et de l’explosion de Bayrou et Mélenchon (dont les projets parlent aux catégories populaires).

-Et Joly dans tout ça ? Il y a fort à parier que beaucoup l’auront oublié d’ici là.

Et Joyeux Noël !

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Bayrou enfin candidat ! Quelles sont ses chances ?

Ce 7 décembre, François Bayrou a officialisé sa candidature. Pour sa troisième tentative, le béarnais a beaucoup d’atouts dans sa manche. 

D’abord, il y a (presque) eu raison sur tout : le déficit, l’indispensable europe, l’industrialisation…

Ensuite, son projet est concret, quand celui du PS et de l’UMP restent nébuleux : Bayrou ne navigue pas aux sondages, mais en fonction de convictions clairement affichées. Produire, Instruire, Construire… ce slogan simple et clair peut faire mouche. 

De plus, il s’est libéré des partis politiques pour entrer dans une nouvelle dimension : celle du candidat de l’unité. Hors de l’UDF, hors du MoDem, Bayrou se détache de la guerre partisane pour entrer dans la guerre des idées. Pour autant, il a brisé l’image de loup solitaire et esseulé en s’entourant d’une équipe. 

Enfin, sa popularité ne cesse de croître, même si les intentions de vote stagnent, ce qui est normal en cette période. 

Ses chances sont donc plus importantes qu’en 2007… encore faut-il que le scénario 2007 se reproduise.

Quel scénario ? Celui de l’implosion du candidat PS et de la radicalisation du candidat UMP. A priori, c’est donc bien parti pour lui ! 

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L’Euro vivra !… malgré tout.

L’OCDE titre la sonnette d’alarme dans un rapport du 28 novembre : la zone euro sera en récession jusqu’en 2013.

D’ici à dire qu’un Etat comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie ou le Portugal soit en défaut de paiement d’ici là, faute de rentrées fiscales suffisantes, il n’y a qu’un pas (lire).

Or, toute éjection d’un Etat de l’euro-zone conduirait inéluctablement à la mort de l’Euro. Londres a d’ailleurs prévu le coup : les banques britanniques vendent leur dette grecque et portugaise et réduisent les bonus de leurs employés et les dividendes de leurs actionnaires pour disposer de suffisamment de fonds propres pour parer à toute éventualité (voir).

La seule solution : monétiser les dettes par la BCE.

Une année serait ainsi gagnée, jusqu’au retour de la croissance du moins. Monétiser, kesako ? C’est tout simplement dévaluer l’euro. Si 1 € ne vaut plus que 80 cents, alors 1000 milliards de dettes ne font plus que 800 milliards. Cette mesure aurait un autre avantage : même si les salaires ne sont pas réhaussés, la perte de pouvoir d’achat ne sera visible que face à des produits hors zone-euro : les produits européens auront conservé leur prix d’origine, quand les produits hors zone-euro verront leur prix augmenter artificiellement de 20%. Adieu la Chine ! 

Que Moddy’s dégrade tous les pays européens en même temps !

Le problème dans l’affaire des « AAA » n’est pas de le perdre, mais bien de le perdre alors que le reste le conserve. Ce déséquilibre provoque des attaques spéculatives sur les dettes souveraines et les entreprises locales : les spéculateurs parient sur une catastrophe et provoquent cette catastrophe. 

Par contre, si tout le monde est dégradé en même temps… plus de différence, et donc plus d’attaque ciblée. 

L’euro survivra…

Malgré les délires journalistiques sur la fin de l’euro, qui permet de vendre beaucoup de papier, de publicité et d’organiser d’interminables débats, l’Euro vivra. Pourquoi ? Tout simplement parce que le marché a besoin de l’Euro : les grandes entreprises y voient un bouclier pour leur compétitivité ; les banques un bouclier pour leurs assurances ; et tous les pays non-américains un bouclier contre… un effondrement de l’amérique.

Et demain ? Espérons que l’image d’Obama soit suffisamment écornée dans l’opinion publique européenne pour que les dirigeants européens puissent montrer des doigts ces agences de notation « américaines » qui dégradent allègrement les banques et Etats européens, sans jamais lever le sourcil en regardant les Etats-Unis. Il faudra dénoncer ce déséquilibre haut et fort et contre-balancer cela par la mise en place d’une agence de notation européenne indépendante qui… viendra taper sur la dette américaine. Une sorte de système de dissuasion financière après la dissuasion nucléaire.  

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L’Europe a plus besoin d’innovateurs que de technocrates.

Des technocrates ont été imposés par l’Europe à la tête des États en crise.

Professeurs d’Université, anciens banquiers, industriels ou grands commis de l’Etat.

Ils décident en fonction d’une analyse du réel et la réaction des marchés devient leur priorité.

Problème : c’est un peu comme si Tatcher ou Reagan prenaient les reines de l’Europe, qui vit maintenant au gré des désidératas des marchés et des agences de notation.

Les solutions proposées par ces « magiciens » des chiffres, sont les mêmes solutions que celles préconisées à l’issue des crises de 1974 par certains économistes.

Et pour la croissance ? Leurs propositions datent des années 1980-90…  

Le plus grand danger de cette technocratie temporaire, est qu’elle ne donne aucune perspective d’avenir aux peuples, qui survivent au jour le jour.

Au  contraire, l’Europe a besoin d’innovateurs : de responsables capables de proposer des solutions alternatives.

Lesquelles ?

D’abord, répondre au double problème du chômage des jeunes et des seniors. François Hollande propose un « Pacte Générationnel »… Cette initiative, excellente sur le papier, répond aux deux noyaux durs de chômage en France. Peut-elle être efficace à long terme, notamment si la création d’emplois tout court ne redémarre pas ?

D’autres solutions, moins politiquement correctes, doivent donc être envisagées. Notamment la mise en relation du nombre de place ouvertes dans certains cursus universitaires avec les besoins potentiels du marché du travail : un numerus clausus doit être imposé dans les filières où le taux d’emploi est inférieur à 50% et les jeunes doivent être incités à s’orienter vers des métiers en tension. Pour les Seniors, sachez que 60% des plus de 55 ans sont au chômage ! Mais les solutions sont plus délicates à trouver… 

Ensuite, une refonte des services publics : renforcer les services essentiels (école, santé, justice, police…) et déléguer services secondaires à des entreprises privées et notamment des entreprises de l’Economie Sociale. Un exemple ? Dans 5 Etats occidentaux sur 10, le recouvrement de l’impôt est réalisé par… les banques. Pas de Trésor Public, pas de Centre de Recouvrement. Cela permettrait de réorienter des dizaines de milliers de fonctionnaires vers d’autres services administratifs, réduire le recrutement et les dépenses. Beaucoup d’autres services sont dans cette situation. Enfin, les salaires versés aux hauts fonctionnaires doivent être plafonnés. 

Enfin, une relance de l’investissement : l’économie française est dépendante de la consommation des ménages. Or, cette dernière varie au gré du moral des ménages. Par contre, l’économie allemande tient grâce à l’investissement. Comment le relancer en France ? En permettant, par exemple, aux chercheurs des laboratoires publics français de créer des brevets et les vendre à des entreprises privées… bref, de créer un circuit de partenariat public-privé dans le financement de la recherche. Autre voie : soutenir fortement les PME Innovantes par un dispositif de défiscalisation massive, attirant ainsi des capitaux et permettant de faire émerger des projets entrepreneuriaux dans le domaine des services et des nouvelles technologies. 

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